Trekking au Népal
17/03/2010
Un trekking au Népal, les alignement de stupas au-dessus du village de Phu.
Dans ce Trekking au Népal, et au-delà du plaisir assumé d’être fidèle en géographie, il y a l’histoire d’un peuple. En 1982, les éditions Time-Life confie à Windsor Chorlton l’écriture d’un ouvrage à paraître dans la collection « Peuples en péril ». Accompagné d’un photographe, d’un professeur d’anthropologie et d’une ethnologue parlant le népalais, il s’agissait pour lui de produire un travail à la fois documenté et illustré de ces populations originaires du Tibet qui vivent à l’écart des montagnes frontalières du Népal. Ce sont « Les Bhotia, les habitants du toit du monde ». A 150 kilomètres à vol d’oiseau de Katmandou.
Seulement à une vingtaine de kilomètres de la frontière tibétaine, les villages de Naar et Phu s’élèvent comme deux forteresses imprenables et hors du temps. Là-haut, à plus de 4 000 mètres d’altitude, les habitants sont isolés par des gorges profondes, des sommets enneigés, et pendant très longtemps, isolés aussi du passage de ce Trekking au Népal. Fermées au tourisme jusqu’en 2002, et à l’exception de rares expéditions sur l’Himlung Himal, soumises à autorisations, les vallées de Naar et Phu ont toujours vécues en marge, du mouvement perpétuel des voyageurs et des commerçants népalais qui se joue plus bas le long de la Marsyangdi River.
Dans notre Trekking au Népal vers les inconnus, il y a Phu, « Le fond de la vallée », le carrefour d’un ancien commerce transhimalayen qui consistait à aller, avec des caravanes de yaks et de moutons, à chercher le sel des anciennes mers intérieures du plateau septentrional du Tibet pour le transporter dans les vallées himalayennes où ils l’échangeaient contre des céréales du Bas-Népal. Mais en 1959, avec l’invasion du Tibet par les Chinois entraînant la fuite du souverain le Dalaï Lama, des groupes de guérilla, combattant le nouveau pouvoir, passèrent du côté du Népal pour établir leurs bases dans les montagnes. Pour éviter d’éventuelles représailles chinoises, le gouvernement népalais s’empressa de boucler les frontières.
Ayant toujours essentiellement survécu grâce à l’élevage, les Bothia ont moins été touchés directement par cette nouvelle donne, et continuèrent d’être indépendants et ingénieux. Encore une journée au-dessus des eaux bouillonnantes de la Phu Khola pour rattraper l’enfilade de chortens qui bordent l’arrivée à Phu, aux portes du Tibet, si loin, si proche, au-delà des épanchements altiers de Himlung Himal. Le vent rafraîchit l’air. Sur son promontoire, Phu se laisse avaler par l’ombre fugitive du soir. Nous passons à table.
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